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TOROS EN
ARLES
FERIA DE
PASCUA 2001 |
PortalTaurino. Martes, 17 de
abril´2001. Rolland Agnel.
Enrique PONCE, « El Juli », Sébastien
Castella, Juan Mora, Andy Cartagena et les toros de Baltasar Iban : voilà
les vrais triomphateurs
Cette première grande feria de la
saison en France aura avant tout été marquée par un climat des plus désagréables
et notamment un « Mistral » particulièrement perturbateur qui
n’a consenti une petite pause que le dimanche.
Pour autant nous avons vécu
certains moments très importants qui marqueront incontestablement la
saison, sinon française, du moins régionale.
Vendredi : la leçon
de Ponce, l’aguante d’El Juli, le sérieux de Juan Bautista.
Cette feria 2001 a
commencé dès le vendredi matin par une novillada sans picadors opposant
six becerristas à des érales de Christophe Fano. La race –
Murube – a rendu complexe le travail des jeunes toreros. Dans ce
contexte, seuls Jonathan Veyrunes et Curro Reyes ont affiché une maîtrise
satisfaisante et encourageante.
En fin d’après midi, le
panneau annonçant le no hay billetes était affiché à la taquilla
malgré un vent violent et un temps frais.
Cette corrida (bétail de
Victoriano del Rio, correct de trapio mais commode de têtes) débuta
vraiment en présence du troisième toro car les deux premiers, faibles,
sans classe, s’étaient révélés sans intérêt pour les maestros. En
présence de son opposant, « Juan Bautista » ne s’accoupla
jamais vraiment. Il ne sut pas trouver les bonnes solutions et ne parvint
pas à se libérer suffisamment pour livrer le combat que réclamait son
adversaire. La physionomie de l’après-midi changea définitivement au
quatrième toro de l’après-midi. Le Maestro Ponce que l’on croyait
peu enclin à faire un effort, construisit au centre de la piste et dans
les rafales de vent une remarquable faena dont lui seul à le secret. Il a
littéralement « inventé » son toro et de son bijou de faena,
on doit extraire quatre passes d’anthologie. Malgré un avis c’est
une oreille de poids que le torero de Chiva promena sous une ovation de
gala.
Penser que « El Juli » resterait en
retrait relève de la pure utopie. Face à un toro court de charge, sans
fond, soso et qu’il fallait consentir en permanence, «El Juli »
construisit une faena remarquable d’aguante, de dominio, d’intelligence.
Un peu de trémendisme, un peu d’ojedisme, un courage hors norme dans un
terrain impossible et son efficacité à l’épée délivrant deux
oreilles ont fait du petit prodige le premier triomphateur de ce cycle.
« Juan Bautista » ne se rendit compte qu’en
seconde partie de faena des qualités de son ultime adversaire,
certainement le meilleur de l’encierro. Il faut dire que ses compagnons
de cartel avait placé la barre haut et passer derrière eux n’avait
rien de facile. Ne se laissant pas gagner par le doute, a l’arlésien
construisit une faena tout à fait volontaire et digne à partir du
moment où Il sut remettre en ordre son toreo sans parvenir pourtant
totalement à exploiter les qualités de son adversaire. Une entière fit
tomber l’oreille.
Samedi : le coq chante matin et soir
En matinée, le trio de novilleros déjà vu à Nîmes
en février (Cesar Jimenez, Ivan Garcia, Julien Miletto) avait à s’entendre
avec des novillos de « San Martin ». Excepté le troisième de
la course, un Guardiola remplaçant un exemplaire titulaire qui s’était
cassé net une corne en frappant un burladero, ces novillos avait tout
pour offrir le triomphe aux jeunes gens. Et au final, c’est Julien
Miletto (salut, une oreille) qui est sorti vainqueur de cette course. Le
jeune nîmois a certes des progrès à faire, ce qui est on ne peut plus
normal à son stade, mais il possède déjà une personnalité ainsi que
les qualités techniques et morales nécessaires pour se faire un nom dans
cette profession. Cesar Jimenez (salut, salut) paraît, a contrario,
totalement inhibé. Tête baissée en permanence, sourire absent, le garçon
a incontestablement un talent précieux… tant qu’il n’y a pas de
problèmes. Mais le moindre grain de sable grippe la machine. Ivan Garcia
(silence, silence) est lui passé discrètement sur le sable arlésien ne
parvenant jamais à s’imposer. En soirée, le triomphe a souri à Sébastien
Castella (deux avis et ovation, deux oreilles, sortie en triomphe) pour sa
première corrida européenne de la saison. Face à des « Alcurrucen »,
certes pas « grandioses » mais sans problèmes insurmontables,
c’est plus la maladresse à l’épée ou l’étonnante carence de
style d’El Califa qui ont fait que les spectateurs sont restés sur leur
faim. Victor Puerto (pétition avec salut et salut) a été soigné tout
l’après-midi. Très alluré, décidé, élégant, artiste, il a été
trahi par l’épée alors que le succès lui était promis. La prestation
d'El Califa (silence, silence) a eu toutes les peines du monde à rappeler
au public qu’on était en présence du triomphateur de la feria de
Madrid 2000. Brouillon, sans style, sans sitio, le torero s’est même
permis le « luxe » de laisser passer son deuxième adversaire,
incontestablement le meilleur de l’après-midi. Le valencien a
certainement perdu là beaucoup de crédit en France pour la suite de la
saison. Heureusement Sébastien Castella et son pur talent ont sauvé
cette corrida. Pour ce premier grand rendez-vous, le Biterrois a été à
la hauteur. Mûri, tranquille, courageux, Castella a perdu l’oreille de
son première adversaire à cause de l’épée. C’est hélas une
constante chez ce garçon qui a vraiment tout pour réussir et côtoyer
les plus grand. Sa seconde faena, bien paraphée celle-là, a été
récompensée par deux oreilles, peut être un peu discutables, mais on en
a tant vu d’autres dans des mains plus expertes que l’on ne boudera
pas notre plaisir ; avec l’espérance de voir Castella annoncé
dans toutes les grandes ferias car il le mérite vraiment.
Dimanche : l’esthétique Juan Mora gagne
le Trophée César Giron
Pour les toristas, le
rendez-vous avait été fixé au dimanche. « Partido de Resina »
en apéritif, Baltasar Iban en digestif, il y avait là de quoi vibrer.
Sauf qu’à l’arrivée pas du tout, l’émotion que procure ce genre
de corrida a été absente. Les « Partido de Resina »,
globalement nobles et sans aspérités particulières permettaient le
triomphe. Mais ni Fernandez Meca (salut, salut) trahi par l’épée au
terme de deux faenas de très bon niveau, ni Juan José Padilla (salut et
tour de piste) étonnamment remis de sa blessure de San Sébastian et égal
à lui-même tant aux banderilles que muleta en mains pour tracer
certaines passes bien conduites n’ont vu le succès leur sourire. Seul
Antonio Ferrera (silence et une oreille) est reparti récompensé.
Toujours aussi bruyant et virevoltant le garçon n’a pourtant pas complètement
vu les qualités de l’ultime toro de la matinée. Il a coupé une
oreille méritée, certes, mais son adversaire, superbe de comportement,
demandait beaucoup plus et pouvait offrir deux cartilages sans qu’il y
ai là quelque chose de scandaleux. En soirée, six magnifiques Baltasar
Iban foulaient le sable arlésien un an après leurs frères qui avaient
raflé de nombreux prix. Robes lustrées, armures magnifiques, charges
claires sans niaiseries, ces toros là demandaient des maestros fermes
dans le débat. Dans ce registre seuls Juan Mora (salut et une oreille,
vainqueur du XXXème Trophée César Giron et du Trophée Louis Pagès du
Comité de la Feria) en deux faenas d’une grande beauté et Antonio
Losada (salut et une oreille) d’une grande dignité, très artiste aussi
et signant les plus belles véroniques de la féria à son second
adversaire ont eu quelque chose à exposer à leurs adversaires. Eduardo
Davila Miura (silence et silence) dépassé par son premier exemplaire,
n’a pu lidier son second qui a perdu un sabot en début de faena. Pour
autant, les qualités du Maestro sont restées particulièrement discrètes.
Lundi : Puerta
Grande pour Cartagena – « Juan Bautista » côté pile, côté
face
Traditionnel à Arles, le
rendez-vous matinal avec les centaures avait attiré la grande foule.
Issus de la ganaderias de « Los Espartales », les toros ont
affiché qualités et mobilités permettant à la corrida de se dérouler
sur un rythme soutenu. Le Maître Joao Moura (salut, division d’opinion,
salut), technique, intuitif, toujours remarquable cavalier a perdu tout le
bénéfice de son travail au dernier tercio. Andy Cartagena (silence, une
oreille, deux oreilles) lui n’a pas connu ces désagréments. Le jeune
garçon « connecte » rapidement avec le public et affiche en
permanence un dynamisme qui n’est cependant pas toujours de bon aloi. Il
a une fois encore quitté les arènes d’Arles en triomphe.
Pour l’ultime
rendez-vous, la déception est essentiellement venue du comportement des
toros d’ El Pilar. Correctement présentés dans l’ensemble, ils ont
tous affiché une grande faiblesse annihilant de fait le travail des
toreros. « Finito de Cordoba » (un avis et salut, un avis et
salut) étala toute sa classe face à son second adversaire. Alors qu’il
avait le public -particulièrement pénible et agité ce jour – contre
lui, le Maestro de Cordoue a construit une faena remarquable pour laquelle
il a été légitimement salué par une belle ovation. Manuel Caballero (silence
et un avis avec applaudissements) a connu une journée quelconque. Son
premier opposant ne lui autorisait rien tant il était faible et son
second qui permettait un peu plus se vit servir une faena ne dépassant
jamais, par la volonté délibérée du torero certainement, un honnête
moyenne. Le troisième homme du jour, pour son second contrat de la feria,
était « Juan Bautista », lequel depuis septembre dernier n’arrive
pas à totalement s’entendre avec son public. Face à son premier
adversaire, « Juan Bautista » ne s’est jamais vraiment trouvé.
La faena n’a pas été des meilleures, sans être mauvaise toutefois,
mais l’estocade fulminante, a invité un certain nombre de spectateurs (majoritaires)
à demander l’oreille qui sera accordée par le Président après un
long moment de réflexion. Applaudissement des uns, sifflets des autres,
« Juan Bautista » reçoit le trophée, salue la Présidence…et
rentre dans le burladero ; mouvements sur les gradins et dans le
callejon où les propos échangés entre le Maestro, son père et
son apoderado sont visiblement aigre-doux. Puis le torero ressort et vient
saluer. Sort son second adversaire, qui comble de malheur se blesse au
train arrière ; mouvement de foule, changement . « Juan
Bautista » serre les dents. Entre alors en piste un sobrero de
Los Bayones qui lui aussi affiche des problèmes de motricité ; re-changement
pour laisser place à un second sobrero, toujours de Los Bayones. Le toro
est excellent. Bien piqué par Jacques Monnier, il suit la muleta sans défaut
et ne demande qu’a répondre à des cites et des passes de classe.
« Juan Bautista » après l’avoir bien mené au centre prend
tout de suite la main gauche pour de très belles naturelles. Il y a là
un toro de triomphe. Pourtant, sur la droite le Maestro ne se sent pas
aussi à l’aise qu’à gauche et – à notre humble avis – à le
tort d’étouffer ce toro à entrant trop dans son terrain. La faena qui
pouvait être de deux oreilles va a menos. Mais le public, frustré tout
au long de l’après-midi, se livre totalement lorsque l’Arlésien
porte une entière concluante. Une oreille méritée et une réconciliation
entre la vedette du cru et son public.
Au total, l’édition
2001 de cette feria restera dans le ton de nombreux rendez-vous annuel
tant en France qu’en Espagne à savoir assez normale quant aux résultats.
Elle aura incontestablement été marquée par l’immense talent de Ponce
qui a signé à nos yeux la plus belle faena du cycle, par la puissance
impressionnante et l’intelligence d’El Juli , par la classe de Sébastien
Castella et celle de Juan Mora magnifique face aux non moins magnifiques
Baltasar Iban, par le talent de Andy Cartagena et surtout par la bonne
tenue de nos toreros nationaux (Miletto, Meca, Losada) qui peuvent figurer
dans n’importe quelle feria de France et d’Espagne.
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