TOROS EN NIMES

 Toros en Nimes

TEMPORADA 2001

RESEÑA DE LA FERIA DE NIMES

Semanario « Le Régional » de Salon-de-Provence é Istres. Rolland Agnel. ANNE, MA SŒUR ANNE……

Trois petites oreilles coupées en trois novilladas, le bilan est maigre. Le Bordelais Julien Lescarret est incontestablement celui qui a fait la plus forte impression. 

Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? Eh bien non pas grand chose. La première feria française de la saison a laissé les aficionados sur leur faim. Pourtant l’intérêt des affiches était réel avec la présence de ceux que l’on voit comme les grands espoirs de demain. Si tel est le cas, il y a de quoi rester perplexe car parmi les novilleros engagés, rares sont ceux qui ont fait preuve d’une personnalité affirmée. Mais la tauromachie est un art complexe,  la route longue et tous les espoirs  permis.

Dès le vendredi, face à un joli lot de Maria Luisa Dominguez Perez de Vargas, correctement présenté, noble mais un peu faible, seul Ricardo Torres et Matias Tejela ont eu un comportement de novilleros. Le premier, triomphateur ici même à Pentecôte n’a pu rééditer ce succès. Le garçon est bouillonnant, à envie, mais pêche par excès et son toreo prend vite un aspect brouillon. Sa première faena récompensée par une oreille a été le seul moment un peu vibrant de l’après-midi. Matias Tejela , au style plus épurée, est tombé dans les mêmes travers. Son envie est indéniable, mais il a une fâcheuse tendance a vouloir glisser tout ce qu’il sait dans une même faena. Chaque toro a sa lidia et visiblement le garçon ne le sait pas encore. Futur Matador, Antonio Fernandez Pineda est passé sur la pointe des pieds sur le sable nîmois. Sa prestation à quelques semaines de l’alternative pose question. Face aux Yonnet du samedi, Saavedra non remis de sa blessure était remplacé par Grégoire Taulère. Les novillos français, globalement bien présentés, posaient quelques problèmes c’est vrai, mais rien d’insurmontable. Taulère a été égal à lui-même donnant beaucoup de passes à un premier adversaire idéal qui méritait mieux. Il indisposa le public en présence du quatrième de l’après-midi. Le Portugais Luis Vital Procuna remua beaucoup de poussière jusqu’au second tercio et tomba lui aussi dans la débauche de passes. La vraie surprise du jour vint du minuscule Julien Lescarret. Il hérita des deux novillos les plus compliqués et fit preuve chaque fois d’un courage lucide, froid, intelligent qui laisse augurer un avenir intéressant. Sans avoir coupé d’oreille, il est le grand vainqueur moral de cette féria. En clôture, tous les aficionados attendaient le César Jimenez, Yvan Garcia et Julien Miletto. Face à d’excellents exemplaires de Jandilla et Fuente Ymbro, les trois jeunes novilleros – c’était là leur seconde novillada piquée – sont restés en dessous des possibilités offertes par le bétail. Jimenez est passé par trop de facilité à côté d’un remarquable premier se rachetant en présence de son second adversaire, par un toreo affirmé et puissant. Yvan Garcia doit se tempérer et apprendre lui aussi à lidier. Quant à Julien Miletto, soutenu par son public, il a coupé une oreille de sympathie mais n’a pas compris son ultime adversaire. Compte tenu de leur jeunesse et de la pression d’une telle feria, ces trois novilleros ont droit à des circonstances atténuantes. ils auront une seconde chance à Arles pour Pâques.

 

 

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